mercredi 9 août 2017

UN PETIT TOUR PAR LE JAPON...... VU LE TOURNOI DE NAGOYA..........

C'est par le plus grand des hasards, alors que je zappais,   hier soir, que j'ai  atterri sur la chaîne "l'EQUIPE".... et ma foi, j'y suis restée  CLOUÉE que dis-je, fascinée par tant de démesure.........

"rencontre avec un “rikishi" 

- Ben.....mais, où en trouve-t-on, et qu'est ce que c'est ???????????

 le "rikishi* ne rime pas avec  "rikiki" !  C’est tout le contraire ! En voici un : il faut faire le poids si je puis dire pour le rencontrer  !
et ce n'est pas de tout repos.
Je n’ai pas été déçue du voyage, mais plutôt "époustouflée" en découvrant la taille du gigantesque Hakuho et de ses partenaires  venus pour remporter le tournoi de Nagoya !  

Le champion.

Le juge avait l'air d'une crevette à leur coté, et pourtant il avait un costume plissé sensé l'étoffer !

Comme la plupart d'entre vous, je suis complètement néophyte en la matière, ......Le monde des sumo m'est encore moins connu que celui des samouraï ! C'est pas peu dire.
Ces lutteurs sont vraiment incroyables. Je me suis posé moult questions, durant les combats et  surtout après ! Et j’ai voulu en savoir plus . ...   j’ai pris aussi  des photos, comme d’hab.... et ce matin, je les regarde avec curiosité. 
Nous ne partageons décidément pas le même monde ni les mêmes valeurs  !
Sur cet affichage figurent : Nom - nationalité - taille et poids des combattants. Un autre panel annonce la couleur de leur ceinture.... euh ! de leur mawashi. Comme vous pouvez le voir, il n'y a pas que des japonais dans la lice.
Photo de Hakuro triomphant de ce tournois - provenant  du net.
Ce qui m’intrigue en tout premier lieu, outre la stature gigantesque de ces athlètes,  c’est leur ceinture, le MAWASHI. Comment peut il être arrimé pour tenir aussi bien pendant les combats ?
J’ai lu qu’il  était  composé d'une bande de tissu de 6 à 8 mètres de longueur, (certains disent qu’il peut atteindre 14m) en coton solide (type kimono) et parfois en soie, de couleurs variées correspondant à un certain niveau - et qu’il peut peser jusqu'à quatre kilos. Cet élément est capital, d’abord par ce que c’est le seul “vêtement”  porté  pour ce combat, ensuite, parce qu’il permet les prises. 
Les autres photos sont de MSG.

“La façon d'empoigner le mawashi de l'adversaire - à deux mains -  sera souvent déterminante de l'issue du combat, nous dit un site. Les techniques de prises de mawashi sont une des deux grandes techniques d'ouverture de combat enseignées dans les sumo-beya (littéralement « écuries » de sumo),  la deuxième technique est l’art du tsuppari (déstabilisation de l'adversaire par des poussées au visage ou au corps, mains ouvertes). Une bonne prise de mawashi permet de soulever, de pousser ou de résister à une attaque.”

Pendant les compétitions, un tablier décoratif composé de cordelettes  est attaché au mawashi, mais il tombe souvent au cours du combat. On le voit sur certaines estampes . Ces cordelettes sont portées sur le mawashi des  sekitori, les lutteurs de haut rang.  Enfin, les plus beaux keshō-mawashi couteraient entre 400 et 500 000 yens (entre 3 et 4 000 euros).

Mise en place du mawashi :  c’est primordial, il faut qu’il tienne ! alors soyez attentifs !
L’assistant du rikishi (lutteur de sumo ) est là pour çà : il a la lourde tâche de le fixer solidement. Il plie l'étoffe puis l'entoure autour  du bassin de l’athlète en passant sous l’aine  et en réalisant autour de sa taille des boucles très serrées. Le mawashi est ensuite noué dans le dos, au niveau des lombaires.
MAIS ATTENTION ! DANGER.......!



Avant de mettre le mawashi et afin de protéger les testicules de possibles traumatismes douloureux, le sumotori doit les rétracter (ses testicules). Il a été entraîné à le faire nous dit on, notamment en stimulant le tiers supérieur et antéro-médial de la cuisse, ce qui a pour effet de contracter le muscle crémastérien (réflexe crémastérien). Le mawashi fait le reste qui les maintient ensuite dans l'abdomen. OUF ! je souffre pour lui !
Après le combat, un bain chaud et relaxant facilite la re-descente de ceux ci. He bé, j'espère qu'ils ne font pas ça tous les jours, les pauvres garçons !
Quelqu’un que je connais bien m’en avait parlé il y a quelques années..... mais j’avais eu du mal à le croire, ces bijoux de famille qu'on entre et qu'on sort..... ça me paraissait assez suspect ! et pourtant !
On en apprend tous les jours.
......Donc, soyons sérieuse ! Nous les femmes avons la chance d'y échapper vu que c'est un truc d'hommes ! Revenons à nos moutons. Puisqu'il faut en passer  par là, pour revetir ce Mawashi,  je vous préviens, l'intéressé devra  trouver quelqu’un qui ait de la poigne et à qui il osera montrer ses fesses ! Je rougis.......
La technique  est expliquée sur ce site, avec photos à l’appui ! Ca n’a pas l’air simple ! 
Surtout ne manquez pas de regarder le document pdf en japonais qui est sur ce site et  vous ne le regretterez pas !
http://www.dosukoi.fr/mawashi/
Et maintenant, comme je suis curieuse, j’aimerais bien savoir comment ces messieurs  font leur chignons ! Pas vous ? Il parait qu’on peut connaître le niveau d’un Sumo en observant sa coupe et la longueur de ses cheveux.......L’un d’entre eux, le Oicho, imite la forme de la feuille de ginkgo me dit on...... et c’est vrai, ils ne sont pas tous coiffés de la même façon, certains chignons ayant l'air plus "juvéniles" que d'autres..... façon de parler ! 

C'est vrai, il y a de la ressemblance........

Ce qui est surprenant aussi c’est le visage un peu “poupon” de certains, sans doute à cause de l'embonpoint...... on dirait de gros bébés !

Mon dieu, que je suis irrespectueuse !

 Pour finir, pour être un sumo solide, il convient de devenir très gros (tout en restant très souple !)  ! Là encore, je laisse la parole à quelqu’un qui s’y connait, mais leur régime est tout à fait ahurissant :
Une chose me console, ... moi qui me trouve trop “ronde”, je suis toute menue à coté d’eux ! !
Bien que les femmes assistent aux combats (dans les tribunes),  c’est  et ça restera une “affaire d’homme” : les femmes ne sont pas admises dans cette discipline.... OUF !!!!!!!! A moins que.......

lundi 31 juillet 2017

PEREGRINATIONS.... SUITE


Suite au post précédent, l'édifice à découvrir est la façade "Noble" (d'époque Renaissance) de l'ancien Parlement de Bourgogne, à Dijon, actuellement "façade historique du Palais de Justice*, dont la décoration est attribuée à Hugues Sambin. 
Cliquer sur les photos pour les agrandir et mieux en voir les details
Figure incontournable de la Renaissance française (né à Gray vers 1520) Hugues Sambin  s'exprimera principalement à Dijon, bien que l’on retrouve partout en France des oeuvres dont il est l'inspirateur. D’ailleurs il me souvient d’avoir vu des "choux bourguignons" (élément oh combien symbolique et représentatif  de son art)  en Charente !
Menuisier d’abord  il ne tardera pas à prouver son génie qui le mènera à Fontainebleau dans l’équipe du Primatice..... Ce génie, il l’exprimera dans divers domaines de la construction et obtiendra le titre d’architecte. Il sera donc simultanément  sculpteur, architecte, graveur et tâtera même à l'hydraulique......)
L’original de la porte principale, qui nous intéresse, est préservé au musée des beaux arts de la ville, mais une belle copie orne  la façade de ce bâtiment (qui mériterait bien d’être entretenue correctement : cirée ou vernie).
Photos MSG - non libres de droits
Ce qui est typiquement bourguignon, dans les éléments que le Maitre utilise pour sa décoration, ce sont : le fameux "choux bourguignon" et les rinceaux de lierre ou les rameaux d’olivier préférés à la feuille d’acanthe alors très en vogue puisque la Renaissance s’inspirait de l’art Antique.  
choux bourguignon
Entrelacs de feuilles de lierre.
Il utilise aussi abondamment les visages dits : “à la serviette”*, (les lions à la serviette, aussi !) et les bustes masculins et féminins se terminant “en gaines” comme plus haut, sur cette porte, où ce sont des trophées qui prolongent le buste.

Enfin, un des éléments architecturaux récurant que l’on peut voir sur ses meubles et sur ses façades, ce sont les frontons brisés qui peuvent avoir des formes droites ou incurvés et au centre desquels figure le plus souvent soit un choux bourguignon, soit une tête ou encore un vase.......





*cette façade ouvre sur la "salle des pas perdus" à la belle charpente en coque de navire renversée. Vous ne la verrez pas aux actualités de  la télévision (suite au jugement qui s'y déroule actuellement ) puisque l'entrée au Palais de Justice se fait par la cour, de l'autre coté des bâtiments
*l'expression "visage à la serviette" désigne la tissu placé sous le visage. Son origine est antique.

mardi 25 juillet 2017

PEREGRINATIONS AU CENTRE DE DIJON LE JOUR DU SOLSTICE D'ÉTÉ

J'ai fait ces quelques images en flânant dans le centre ville...... le soir du 23 juin ; puissent elles inciter, ceux qui ne connaissent pas la Capitale Bourguignonne, à se déplacer ! Il y a tant à voir.
Départ : Place de la Libération, ancienne place Royale puis place d'Armes, devant le palais ducal....... il fait 34°,  et la fraicheur de l'eau attire passants et oiseaux......
Vous pouvez agrandir les photos en
cliquant dessus, mais pas les copier.....
Photos MSG.




Une musique New Orleans attire irrésistiblement vers le théâtre.......
Salutations au passage à Picasso qui a laissé là son scooter pour lutiner un peu...... et je découvre les "éléfanfarons" en grande action !..... (formation Elefant'U)

le temps de déguster un kebab...... il est 20 heures !
Regard sur la façade Renaissance de Saint Michel 
et sur la place du théatre, face au  musée Rude et à l'ancienne cathédrale..... aujourd'hui Chambre de commerce......
Je reprends mes pérégrinations en tournant à droite, puis encore à droite,

puis par la rue de gauche qui zigzague un peu...... j'aboutis sur une placette, devant une célèbre façade ou figurent ces deux visages grimaçants !
Où suis-je ?

(note : ce n'est pas la langue qu'il tire, mais c'est sans doute une tranche de fruit, ou une feuille
car je doute qu'à cette époque on ait beaucoup vu de bananes en ces lieux !)
réponse sur le prochain post !

samedi 15 juillet 2017

PORCELAINES ASIATIQUES À LA RESIDENCE DE MUNICH

Louis XIII et Richelieu collectionnaient déjà des porcelaines “Blanc Bleu” : 青白 « qīng bái » (en témoigne le testament de ce dernier qui compte pas moins de 400 pièces de porcelaine). Tous deux aimaient à s'entourer de ces objets. D'autre part, les inventaires de Versailles et des meubles de la couronne mentionnent déjà des cabinets, des coffres et des paravents asiatiques.
A la Résidence, autour des miroirs, d'innombrables porcelaines blanc bleu..... (dont celles du bas ont été mises à l' abri )

Ce n’est  donc un secret pour personne que de dire que Louis XIV découvrira les porcelaines chinoises transportées par une ambassade qu'il reçoit à Versailles,  et, que la Compagnie des Indes hollandaises, à partir du 17e s, les commercialisera dans toutes les cours d’Europe.
 Les  Wittelsbach n’échapperont pas à la règle et en pareront la Résidence, leur château de Munich, où on peut, aujourd’hui,  les admirer. 
Période Kangxi - époque Ming. vases "miroir noir"
Note : Les porcelaines de la Résidence  ont été mises à l’abri  dans les caves pendant la durée de la guerre de 40 (heureusement puisque les toitures furent totalement détruites) ce qui leur a permis d'échapper à la destruction.  
Photos MSG.

Dynastie Ming. Periode Wanli (1573-1619) - bel exemple de  青白 « qīng bái » a droite figurent les armes des Wittelsbach.
Epoque Kangxi - Période verte "Story of Western Wing"


Dans ce grand palais, un salon et une  série de petites salles leur  sont consacrés où l’on peut admirer, entre autres,  des pièces de l'époque Ming et de l’Epoque Qing. 
Dans les salles d’apparat, d’autres grandes pièces monumentales sont à l’honneur, principalement des vases.


Certaines pièces  (voir ci dessous les deux exemples de porcelaines japonaises......) frisent parfois le mauvais goût ! Mais c’était probablement une grande prouesse technique que de les avoir réalisées. 

L'un des deux lions candélabres japonais du 17e siècle 
Chinoise ou japonaise ?
Les merveilles que je n'ai pu mettre ici, et bien d'autres,  vous attendent dans ce grand musée. Dommage que je n'ai pas pu  m'attarder davantage dans ces salles....... 

mardi 4 juillet 2017

CENT FOIS SUR LE METIER, REMETTEZ VOTRE OUVRAGE........

... C'est bien ce qui se passe, car, dans mon atelier,  calme et le silencieuse, je m'adonne presque chaque jour à la danse de l'encre et du pinceau ..... "La partition" (si je puis dire), de Shi Bo, m'offre l'exemple à observer, à ressentir, à exprimer...... à explorer......
Calligraphies réalisées par Ma di na 
Au delà du style à respecter, ma calligraphie est sincère, et même si je ne n'ai aucune chance d'être un "Maitre"un jour,  j'y trouve du plaisir et de la sérénité.
C'est pour cela , que j'ose mettre ici quelques une de mes pages. 
Il s'agit du dernier poème que j'explore .........

Le poème ;
Partir au matin de la ville de Baidi - Li Bo -

Je quitte à l’aube la ville Baidi baignée
dans les nuages multicolores
Et me voilà au crépuscule à Jiangling
Mille li déjà parcourus
Les cris de grands singes ne cessent de résonner
Dans les montagnes des deux rives
Mon bateau léger file parmi dix mille défilés.

traduction de Shi Bo


je reconnais que mes alignements verticaux sont parfois agités par un "souffle" : ça bouge un peu.....
Je m'essaye souvent aussi à chercher  une traduction personnelle...... bien plus approximative, forcément que celle d'un Maitre diplômé !  (mais je n'y parviens pas à chaque fois!)
Pour ce poème ci, voilà :
Partir à l'Aube des murailles de Baidi

A l’aube je quitte Baidi sous les nuages irisés
mille li vers Jianling - un jour de retour
Des deux cotés, les grands singes hurlent leurs cris à plusieurs reprises.
Tandis que mon leger esquif traverse les dix mille gorges.

Quand je lis celle de Xu Yuanchong, ci- dessous, j'ai déjà un peu mois de complexes, tant elle a été "remaniée" pour lui donner une tournure française. Qu'en pensez vous ?  : 

En descendant le fleuve
Li Bai

Quittant à l’aube la ville aux nuées roses,
je descends mille lis en un jour la Rivière.
Les singes crient sans cesse aux rives escarpées :

Mon esquif laisse dix mille monts loin derrière

vendredi 16 juin 2017

PAPILLONS............. PASSEZ PAR ICI ET MOI PAR LÀ !

Juin, la saison rêvée pour observer les papillons...... Aussi ne m'en suis je pas privée ! et je vous ai rapporté quelques photos......
cramera

J'en profite pour vous poster la célèbre histoire  de Zhuang Zi....... le rêve du papillon......
Excellent sujet de méditation !

庄子和蝴蝶

有一天,庄子在花园里睡着了。他作了一个梦,梦见他是一只很好看的蝴蝶。它飞到东、飞到西,最后飞累了,就睡着了。蝴蝶也作了一个梦,梦见它是庄子。这时候,庄子醒了。他不知道他现在是真的庄子呢,还是蝴蝶梦里的庄子…他也不知道是他梦见了蝴蝶呢,还是蝴蝶梦见了他。
« Zhuangzi rêva une fois qu'il était un papillon, un papillon qui voletait et voltigeait alentour, heureux de lui-même et faisant ce qui lui plaisait. Il ne savait pas qu'il était Zhuangzi. Soudain, il se réveilla, et il se tenait là, un Zhuangzi indiscutable et massif. Mais il ne savait pas s'il était Zhuangzi qui avait rêvé qu'il était un papillon, ou un papillon qui rêvait qu'il était Zhuangzi. Entre Zhuangzi et un papillon, il doit bien exister une différence ! C'est ce qu'on appelle la Transformation des choses. »    Extrait du ZhuangZi - des éditions You Feng. (EDITION BILINGUE)

Deux gazés font des galipettes dans les hautes herbes.

Dans mon dictionnaire de chinois, j'ai trouvé un peu de vocabulaire....... 
papillon  蝴蝶   dié - papillon de jour 蝴蝶日  hú dié ri - 
papillon de nuit 飞蛾  fēi é

Tabac d'Espagne.
et le nom du magnifique Robert le diable ! Pourquoi celui ci et pas les autres.......mystère.

Robert le diable : Polygonia c-album
que l'on trouve plutôt en bordure de bois

Phalène du prunier - photos MSG