samedi 24 février 2018

BOIRE SON THE DANS UN GAI WAN 蓋碗


Ce matin, j’ai eu envie d’un moment de sérénité pour chasser quelques nuages. J’ai donc décidé de  boire mon thé autrement... 





Si j’utilise le plus souvent la théière, car c’est bien pratique, la qualité de la dégustation est bien loin d’être la même qu’avec le gai wan (prononcer "gaïwouann") :
蓋碗
Ce matin j’ai donc pris mon gai wan en terre de Yixing. je vous assure que le résultat est tout autre..... quel arôme, quelle délicatesse !

De plus, l’objet est si joli et on le tient bien dans les mains...... (oui, il faut se servir des deux mains pour déguster)
L'intérieur du recipient et son petit couvercle.
J’ai mis tout d’abord trois feuilles de  thé vert dans le récipiant avec un peu d’eau froide, le temps que les feuilles se ré-hydratent..... pendant ce temps, mon eau pure chauffait que j’ai ensuite versée sur le mélange...... Je sais que l’on conseille de jeter la première eau infusée, et d’en remettre, surtout s’il s’agit de thé vert, mais je ne l’ai pas fait.......
Trois minutes sont passées.... puis  je l’ai dégusté ! Quel belle couleur et quel parfum aussi.
Pour ne pas avaler les feuilles, j’utilise le couvercle afin de ne réserver qu’un étroit passage au liquide.......
De gauche à droite le gaiwan en terre de Yixing - celui en porcelaine de Canton (à passoire de porcelaine amovible et celui en verre, a passoire amovible également.
Je possède aussi d’autres récipients du même type, comme celui en porcelaine en provenance de Canton, et qui ne se présente pas pareil (voir photo, la grande tasse du milieu  avec le dragon) et un autre en verre, très joli, surtout si l’on utilise des boules de thé contenant une fleur à l'intérieur...... mais sincèrement, c’est le premier qui me ravit le plus !
Si vous en avez l’occasion, essayez d’oublier de temps en temps vos problèmes et... théières, et servez vous du  gaiwan. Vous goûterez alors  un moment de paix et de silence propice à la méditation.

jeudi 15 février 2018

BONNE ET HEUREUSE ANNEE DU CHIEN !


le chien : signe du zodiaque. Escalier de la maison Wang. Photo de mon amie  F. M.
 Mes chers amis, je vous souhaite une "Bonne année du chien", puisque c'est aujourd'hui le Nouvel An Chinois. 
Comme vous pouvez le voir, ci dessus, le petit "chien-lion" du signe du zodiaque a échappé à la garde de sa mère et joue avec la perle de son père, les deux chiens lions gardiens de la grande porte d'entrée de la demeure d'un mandarin.
Ce Shar pei orne la devanture d'une boutique à Dijon. photo MSG
J'ai été personnellement amusée de constater, sur un trottoir dijonnais, qu'un chien chinois accueillait les clients. Shar pei ou Carlin ? Difficile de le dire, mais en tout cas, la couleur choisie ne laisse pas de doute sur sa nationalité !


Que tous ceux qui ont un chien, 
fassent à leurs "copains" une jolie fête !
chien de terre - époque Han - Musée Guimet.

samedi 10 février 2018

VOYAGE A "FILM CITY" AVEC MELVIL POUPAUD


Pour ceux et celles qui ont lu l'avant dernier post, je recommande la lecture de ce livre écrit avec humour par l’acteur principal du film : 
“Le Portrait interdit”.
ou
 “The lady  in the portrait” ‘version anglaise 
  Melvil Poupaud (alias Jean Denis Attiret)
                             C'est un délice d’humour !

C’est le journal, au fil des mois, du tournage vécu par cet acteur  français projeté en Chine dans un univers dont il ne connaissait ni la langue ni les us. 
                  Je vous avoue franchement 
       que j’ai éclaté de rire à plusieurs reprises  !
Alors, si vous êtes bi ou trilingues, (anglais, mandarin et français) ou simplement si vous avez aimé le film, ou encore  visité le pays, ou même rien de tout ça...... je vous engage vivement à le lire.
L’humour est partout présent : dans le texte mais aussi dans les images car ce petit “livre rouge” (remarquez la couverture - ce n’est sans doute pas un hasard)  est largement illustré. Photos du quotidien de l’acteur,notes, citations, documents divers anciens et actuels...... On ne s’ennuie pas une seconde. C’est vrai que c’est encore mieux si on a vu le film, ou voyagé en Chine, car des images reviennent en mémoire, comme par exemple, la cité interdite, si savamment reproduite dans les studios de "Film city", ou le mobilier des pièces “entièrement d’époque” ! Oui,  dans cette fiction, le décor est  meublé d’antiquités véritables.......... nous dit le comédien. Plus : les costumes sont les originaux !.....
Comment ont ils fait pour obtenir tous ces prêts ?
Imaginez le Louvre déplaçant ses merveilles sur un plateau de cinéma !
......Et puis il y a aussi une frontière que l’on ne franchit pas : celle de la scène 42. L'auteur vous explique pourquoi. J’ai aimé cet interdit : cela m’a touchée, je l’avoue - cela m’a touchée et rassurée. Ne pas mettre cette scène afin d'éviter de “ perdre  la face”, comme on dit. Je n’en dis pas plus..... ce serait “déflorer” l’ouvrage.

......Et puis, au long des pages,  il y a la Chine, si particulière, si surprenante. C’est vrai que dans un pays aussi vaste, dont l’administration tentaculaire est fragmentée, la vie au  quotidien  provoque parfois  des péripéties,  bien pires que les nôtres,  aucune comparaison n’est possible !
 A cette lumière,  parfois, la valeur de nos  jugement européens n’est pas du tout en phase...
Cet univers  fascinant est souvent  aux  antipodes de notre quotidien franchouillard ! Encore que.....

Deux questions cependant :
1 - comment le tableau est il revenu à Dôle en France. puisque J D Attiret est mort la bas ?


2- A quand la commercialisation de ce film ?
Le rayonnement du règne de Qian Long (dynastie Qing) fut aussi important pour la Chine que celui de Louis XIV, son contemporain,  le fut pour la France.

Pour ce qui est du cursus du jésuite, vous trouverez tout ce qu'il faut dans les livres et sur le net. Sachez seulement que cet homme  a peint pas moins de 200 portraits à la cour de Qian Long,et que celui ci lui a réservé de grands honneurs posthumes, n'ayant pas pu le faire de son vivant (par modestie de la part du jésuite)
Quant à Fan Bingbing, la merveilleuse actrice Chinoise, elle est tout simplement "divine"...... et je me demande si ce n'est pas suite à un de ses souhaits si la scène 42 n'a pas été tournée ? ? ? ? ? L'acteur invoque la censure...... et si c'était l'actrice qui ait mis cette censure........ cela me plairait bien !


samedi 3 février 2018

LI KUN WU EXPOSE EN BOURGOGNE A BUSSY LE GRAND - MUSÉE GORSLINE.


Chers lecteurs, à l'approche du printemps,  je me dois de vous présenter l’oeuvre d’un artiste du Yunnan : Li Kun Wu. Il m'a subjuguée !
Il expose depuis le mois de juin dernier au musée Gorsline, à Bussy le Grand, en Bourgogne..... mais il a également participé, récemment,  en temps que dessinateur de BD,  au festival d'Angoulême, et exposé à Clermont Ferrand, invité par Michelin, eut égard à ses travaux pictographiques sur la construction des chemins de fer des régions escarpées du Yunnan, le pays de son enfance.
Le musée est un endroit  assez discret*. Il  vous surprendra dès le franchissement de sa porte....... alors, n'hésitez pas.......!
Li Kun Wu - photos MSG.
L’exposition actuelle  met en parallèle l’oeuvre de ces deux artistes ayant connu la Chine à l'époque de Mao.
Douglas Gorsline-lithographie - Construction de l'Hotel de Pekin.1973 
 L’un Douglas Gorsline, d’origine américaine, installé plus tard en Bourgogne,  nous donne sa vision en tant que résident étranger, dans les années 70, et l’autre, Li Kunwu, né dans le Yunnan , nous raconte son vécu, ses souvenirs d’enfance,  vus de “l'intérieur”, sa vie quotidienne aussi, dans les mêmes années et jusqu’à nos jours. 
Ce parcours, l’artiste chinois   l’exprime par ses encres dont le tracer, hors des règles traditionnelles, est d’un grand modernisme. Le trait est truculent et plein de vie : un vrai régal, une sincérité et une spontanéité surprenantes chez cet asiatique, et c’est ce qui le rend vraiment attachant et touchant.

Route du the et des chevaux.


Je vous recommande les vidéos de Youtube, où il s’exprime, mais aussi les livres (BD et autre) qu’il a illustrés. En vente à la libraire Phenix....... tous les sinophiles connaissent !


Ruée dans les transports à la fête de printemps.
J’ai choisi cette oeuvre importante pour illustrer mon post, car elle sera bientôt  d’actualité : il s’agit de l’immense transhumance des chinois de tous âge, que vous découvrez ci-dessus,  partis travailler dans d’autres contrées, et qui, lors de la fête de Printemps, retournent dans les villes et les villages qui les ont vu naitre........
Mais les autres oeuvres méritent tout autant qu’on s’y arrête ! qu’elles soient imposantes (20 m de longueur) comme la route du thé et des chevaux 茶马古道
ou qu'elles représentent des moments de vie quotidienne comme, ci dessous,  les bains dans cette piscine de Kunming ou bien encore des scènes de la rue.......
Cliquer sur les images pour les agrandir



Bref, pour ma part, j’ai pensé à l'écriture de Mo Yan en regardant ces oeuvres..... mais aussi à mon cher Lao Shi et à d’autres écrivains chinois contemporains.
en savoir plus :
Adresse :21150 Bussy-le-Grand - 5 rue d'Etormay
Prendre rendez vous par téléphone, pour vois cette expo, jusqu’au 25 fevrier....... au  Tel. 03 80 89 30 78 et Tél.2 : 06.27.99.46.01
Mais aussi plusieurs video sur Youtube où l'artiste s'exprime :

vendredi 19 janvier 2018

LE PORTRAIT INTERDIT DE JEAN DENIS ATTIRET

Ce film est un “joyau”, et je pèse mes mots........ on y assiste à  la rencontre entre  deux cultures. Y est évoquée  de façon subtile  la distance des codes esthétiques de chacune d’entre elles, qui sont, bien sûre,  aux antipodes lune de l’autre dans leur expression. C’est là le véritable “fond” du film,  le centre du scénario.
Le titre du tableau m’interroge.... “la concubine”..... je vois plutôt sur ce portrait une impératrice dans son costume de cérémonie : et c’est le cas.


L’oeuvre est de François Denis Attiret, originiare de Dole, Jésuite, parti à la cour de l’empereur chinois, dans le sillage du grand peintre  Cagliostro. 
 L’histoire racontée est en partie imaginaire car le tableau et l'héroïne existent (voir ci dessus). L'oeuvre   est exposée  sur les  cimaises du Musée de Dole. Charles de Meaux cinéaste et plasticien, l’a "rencontrée", ce qui lui a inspiré la trame de son  scénario.
Si  le scenario est imaginaire, le fond historique est bien réel :  cette Impératrice Qing, Ulanara (pour son nom mongol),  a bien été la seconde impératrice et épouse de l’empereur QianLong (Lequel a eu bon nombre de concubines et pas mal d’enfants, ce qui s’explique par un règne très  long !)
Le film est admirablement interprété  par la grande vedette chinoise Fan Bing Bing  et par Melvil Poupaud. Il  a l’avantage d’avoir été tourné dans la Cité Interdite, au Palais d’été (dont les ruines servent de décor, à la nuit tombée, tel un chantier de construction, ce que je trouve très habile !) et dans quelques autres endroits prestigieux. 

En France, nous sommes a l’époque de Louis XIV. Les jésuites partent  en Orient,  jusqu’à la cour de l’empereur, porter la parole du Christ, mais pas seulement. Ils emportent également avec eux leurs connaissances architecturales, musicales, astronomiques, et des horloges qui éblouiront l'empereur. Ces présents sont encore visibles au musée de la Cité Interdite.

Pour en revenir à notre scénario, le portrait “gagné” par l'impératrice au cours d’une partie d'échecs avec son époux, vaudra au peintre deux ans de campagne militaire loin de la Cité Interdite, l’empereur  jugeant l’oeuvre sans doute trop émouvante, trop psychologique en quelques sortes........

Documents trouvés sur le net.

Des livres ont été écrits par ces jésuites en Orient, et édités en France. au XVIIIe siècle. Certains sont largement illustrés. On peut consulter des originaux sur place, et sur demande préalable, à la bibliothèque de Dijon.



Pour ma part, j’aurais aimé acheter une version de ce film mais ne l’ai pas trouvé en vente sur le net........ alors, s'il passe dans votre ville, chers amis sinologues, et sinophiles* ne le ratez pas !



Bande annonce sur
- je dis bien "sino",  mais les cinéphiles ne sont pas exclus !

dimanche 7 janvier 2018

LE JUSTICIER DE L'AIGLE MYTHIQUE - ROMAN DE JIN YONG.

Yang Guo, le héros, se tire d'un mauvais pas.......
 3000 pages halletantes......
C’est un roman pour le grand public. Surtout prenez le comme tel, car, comme l’explique l’auteur en fin d’ouvrage, il n’y a pas la volonté de retracer quoi que ce soit d’historique.... 

L’histoire se passe  en grande partie dans les contrées  centrales  de la Chine. Elle se deroule  à l’époque Song. La menace des Mongoles , qui envahissent et occupent le terrain bien decidés à annexer l’empire, est bien presente tout au long de l’histoire. Mais les héros principaux sont surtout des “preux”  chinois. Evidement il y est question d’armée Mongole, de Kubilai, de Xian Yang aussi, mais c’est tout. Même si l’auteur, érudit, et cinéaste, vivant à Hong Kong, nous cite des événements ou des personnages réels, ce n’est que de la fiction. 
Les adeptes d’arts martiaux seront cependant heureux car “ça voltige” à toutes les pages ! .

L'un des 4 tomes....
 Il ne fait pas de doute que l’auteur doit être un adepte des arts martiaux, ou tout au moins un passionné du Kongfu !  Les personnages sont attachants...... une intrigue amoureuse assez "soft", sous tend l'histoire (l'amour de Yang Guo pour son shifu, la Petite Long, mais aucune trace d'érotisme. Le sujet n'est pas là)
Mis à part  tous les combats et écoles diverses qui sont citées voir décrits en action, j'ai découvert dans ce roman des tas d'expressions chinoises "très imagées" ! Je regrette  que l'éditeur  ne les ai pas mises  en caractères chinois ! (comme il l’a si bien fait pour l'édition des six volumes du roman "L'Epopée des trois royaumes". cela eut été intéressant* et  pédagogique Un apport supplementaire pour le passage de  la culture, de la langue et pour la connaissance des "us et coutumes" de l'époque Song.
J'ai du chercher aussi les équivalents métriques des mesures chinoises telles que le zhang1 , le yin1, le  li3 etc......) dont il est question tout au long du roman. c’est une chose indispensable pour comprendre la portée des coups........




Les quatre tomes sont illustrés. 

Une chance pour le lecteur, à l’inverse du roman des trois royaumes, où les protagonistes ont plusieurs noms chacun (ce qui nécessite une certaine  gymnastique cérébrale pour s’y retrouver) ici,  chaque personnage a un à deux noms. En fin de volume, ils sont répertoriés, ce qui peut rendre service, si toutefois on se perd un peu !

*Quelques exemples de ces  termes spécifiquement chinois pris au hasard des pages  :
“Jeune génération’ a appris son origine” : forme de politesse pour désigner Le personnage lui-même.
“dois je rejoindre Tante ou aller tout droit percer le temple de Chong Yang pour invectiver  la secte , comme on ouvre la porte pour regarder la montagne : expression signifiant “aller droit au but”.

“Le vieux ciel a fermé les yeux : signifie “c’est injuste”

“Ses filles qui sont à ses cotés, entendent leur conversation mais ne parviennent à toucher leur crâne”  signifie Ne comprennent rien
Aux éditions You Feng.

mardi 2 janvier 2018

EN ATTENDANT LE 15 FEVRIER..... C'EST LA TEMPÊTE !


Photo MSG non libre de droits
 Chers lecteurs, ne soyez pas surpris...... si sur ce blog, dédié en 
grande partie à la culture Chinoise,
j'attends la date voulue pour vous souhaiter la nouvelle année !
Sinon, rendez vous sur 
truffeetcompagnie ! Lien ci-joint  -->>>
Célébrons donc la tempête qui a eu lieu sur nos côtes......par cette petite calligraphie personnelle.....

Mon Ermitage
 fût, lui, d'un silence extrême !
Mais si j'avais étée au bord de l'océan, une chose est sûre, c'est que je serais allée humer les embruns et écouter les rugissements du vent et des vagues...... j'aime ce grand "Opéra" de la mer !
Ci dessus, des photos et calligraphies de Madina, et cette citation : 
"écouter le bruit des vagues hors le ciel"

聽 天 外 涛 聲
tīng   tiān   wài    tāo   shēng